Diagnostic amiante en location : obligations du bailleur, DAPP et droits du locataire

Le diagnostic amiante en location est obligatoire dans certains cas, mais il ne doit pas nécessairement être annexé au contrat de bail. Pour les logements situés dans un immeuble collectif d’habitation dont le permis de construire est antérieur au 1er juillet 1997, le bailleur est tenu de constituer un dossier amiante parties privatives (DAPP) et de le tenir à la disposition du locataire. Le locataire peut le consulter à tout moment sur simple demande, sans que ce document figure obligatoirement dans le dossier de diagnostic technique (DDT) remis à la signature du bail.

Pourquoi 1997 est la date clé du diagnostic amiante

L’amiante a été utilisé massivement dans la construction française jusqu’à son interdiction totale au 1er janvier 1997. Tout bâtiment dont le permis de construire est antérieur au 1er juillet 1997 est susceptible de contenir des matériaux ou produits amiantés. C’est cette date qui détermine si un logement est soumis aux obligations de diagnostic amiante.

Les bâtiments construits après cette date sont présumés exempts d’amiante et ne sont pas concernés par l’obligation de diagnostic. Pour les constructions antérieures, la présence ou l’absence d’amiante doit avoir été vérifiée par un diagnostiqueur certifié.

DAPP, DTA, DDT : ce que recouvrent ces acronymes

La réglementation amiante mobilise plusieurs notions distinctes qu’il est utile de clarifier :

Le DAPP (dossier amiante parties privatives) concerne les parties privatives des immeubles collectifs d’habitation. Il est établi par le propriétaire du logement et recense l’état des matériaux susceptibles de contenir de l’amiante dans l’appartement lui-même : faux plafonds, dalles de sol, conduits, enduits, etc. C’est ce document que le bailleur doit tenir à disposition du locataire en location immobilière.

Le DTA (dossier technique amiante) concerne les parties communes de l’immeuble. Il est établi et géré par le syndic de copropriété, et non par le bailleur individuel. Il recense les matériaux amiantés dans les espaces collectifs : halls, couloirs, toiture, canalisations communes.

Le DDT (dossier de diagnostic technique) est le document regroupant l’ensemble des diagnostics obligatoires remis au locataire à la signature du bail : DPE, diagnostic électricité, gaz, ERP (état des risques et pollutions), plomb (CREP), etc. Le diagnostic amiante sous forme de DAPP n’en fait généralement pas partie pour la location.

DocumentConcerneÉtabli parRemis au locataire
DAPPParties privatives (appartement)Propriétaire bailleurSur demande, pas annexé au bail
DTAParties communesSyndic de copropriétéNon (consulté par le syndic)
DDTEnsemble des diagnostics obligatoires au bailBailleurOui, à la signature du bail

Appartement, maison individuelle, copropriété : qui est vraiment concerné

Les obligations ne sont pas identiques selon le type de bien mis en location :

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Appartement en immeuble collectif (permis avant 1997) : c’est le cas le plus concerné. Le bailleur doit avoir fait réaliser le DAPP par un diagnostiqueur certifié et le tenir disponible pour le locataire. Le DTA des parties communes relève du syndic.

Maison individuelle (permis avant 1997) : la réglementation est différente. La maison individuelle n’est pas soumise au DAPP en tant que tel pour la location. En revanche, en cas de vente, un état d’amiante complet est requis. Pour la location d’une maison, aucun diagnostic amiante n’est obligatoirement annexé au bail, sauf si des travaux sont envisagés.

Copropriété — parties communes : le DTA est obligatoire pour les immeubles collectifs d’habitation construits avant 1997. Sa gestion incombe au syndic, pas au propriétaire bailleur individuel. Le bailleur ne peut ni le produire ni l’imposer seul.

Logement neuf ou permis après 1997 : aucune obligation de diagnostic amiante, ni pour la location ni pour la vente.

Ce que le bailleur doit faire concrètement avant de louer

Pour un appartement situé dans un immeuble collectif d’habitation construit avant le 1er juillet 1997, le bailleur doit :

Faire réaliser le DAPP par un diagnostiqueur certifié et accrédité, si ce n’est pas déjà fait. Le diagnostic doit porter sur les matériaux des parties privatives accessibles : revêtements de sol et de mur, faux plafonds, conduits, coffrages.

Conserver le DAPP et être en mesure de le produire à tout moment si le locataire en fait la demande. Le bailleur n’est pas tenu de l’annexer au bail, mais il ne peut pas refuser de le montrer.

Informer le locataire de l’existence du dossier et de son droit à le consulter. Cette information peut être mentionnée dans le contrat de bail, même si le document lui-même n’y figure pas en annexe.

En cas de présence d’amiante détectée, le bailleur doit respecter les préconisations du diagnostiqueur : surveillance périodique, travaux de confinement ou de retrait selon l’état de conservation des matériaux. Un logement présentant un danger avéré lié à l’amiante ne remplit pas les critères du logement décent au sens de la loi du 6 juillet 1989.

Ce que le locataire peut demander et obtenir 📋

Le locataire d’un logement concerné par la réglementation amiante dispose de droits concrets :

Consulter le DAPP : le locataire peut demander à prendre connaissance du dossier amiante parties privatives à tout moment pendant la durée du bail. Le bailleur ne peut légalement pas s’y opposer.

Être informé des résultats : si le diagnostic révèle la présence d’amiante, le locataire est en droit de savoir dans quel état se trouvent les matériaux (bon état, dégradation légère, dégradation avancée) et quelles mesures sont prévues.

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Signaler une dégradation : si le locataire constate une dégradation visible de matériaux susceptibles de contenir de l’amiante (dalles écaillées, faux plafond fissuré, conduit endommagé), il peut en avertir le bailleur par écrit. Le bailleur est alors tenu d’agir.

Contester un logement indécent : un logement exposant le locataire à un risque avéré pour sa santé lié à la présence d’amiante dégradé peut être qualifié d’indécent. Dans ce cas, le locataire peut mettre en demeure le bailleur de réaliser les travaux nécessaires, voire saisir la commission départementale de conciliation ou le tribunal judiciaire.

En revanche, le locataire ne peut pas exiger que le DAPP soit annexé au bail si la réglementation ne l’impose pas. Son droit est un droit de consultation et d’information, pas d’annexion systématique.

Validité du diagnostic amiante et cas particuliers

La durée de validité du diagnostic amiante dépend de son résultat :

Absence d’amiante détectée : le diagnostic est valable sans limite de durée, à condition qu’aucun travaux n’ait modifié les matériaux depuis sa réalisation. Il n’y a pas d’obligation de le renouveler périodiquement.

Présence d’amiante en bon état : le diagnostic doit être accompagné d’une surveillance périodique tous les trois ans. Le bailleur doit faire réaliser des contrôles réguliers et mettre à jour le DAPP en conséquence.

Présence d’amiante dégradé : des travaux s’imposent. Selon le niveau de dégradation, il peut s’agir d’un confinement, d’un encapsulage ou d’un retrait par une entreprise certifiée amiante. Ces travaux nécessitent des précautions strictes et ne peuvent pas être réalisés par n’importe quel artisan.

Un diagnostic réalisé avant le 1er avril 2013 par un diagnostiqueur non certifié selon les nouvelles normes doit en principe être renouvelé. Si le bailleur a un doute sur la validité de son diagnostic existant, il est conseillé de contacter un diagnostiqueur certifié pour vérification.

Risques pour le bailleur en cas de manquement

L’absence de DAPP ou le refus de le communiquer au locataire expose le bailleur à plusieurs risques :

Un locataire qui découvre après la signature du bail que le logement contenait de l’amiante non signalé peut engager la responsabilité du bailleur pour vice caché ou manquement à l’obligation d’information. En cas de dommage à la santé lié à une exposition à l’amiante dans le logement loué, la responsabilité civile — voire pénale — du bailleur peut être recherchée.

Par ailleurs, un logement exposant le locataire à un risque sérieux pour sa santé peut être déclaré indécent par les autorités, ce qui interdit sa mise en location tant que les travaux ne sont pas réalisés.

Amiante en location : l’essentiel pour bailleur et locataire

Pour les immeubles collectifs d’habitation construits avant le 1er juillet 1997, le diagnostic amiante location est une obligation pour le bailleur, sous la forme du DAPP. Ce document n’est pas annexé au DDT remis à la signature du bail, mais le locataire peut le consulter à tout moment sur demande. Pour les maisons individuelles en location, aucun diagnostic amiante obligatoire n’est prévu dans le cadre locatif. En présence d’amiante, l’état de conservation des matériaux détermine les mesures à prendre : surveillance, confinement ou retrait. En cas de doute sur vos obligations ou sur l’état d’un logement, un diagnostiqueur certifié reste l’interlocuteur de référence.

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